La Queens Public Library : un exemple de multilinguisme dans une bibliothèque étrangère

La Queens Public Library, fondée en 1896, correspond au réseau de lecture publique du quartier du Queens dans la ville de New York, une zone très métissée où plus de la moitié des habitants sont nés hors des États-Unis. C’est une des bibliothèques publiques les plus importantes du pays par le nombre de prêts (21 millions en 2007) et le volume des collections (plus de 6 millions de documents). Le réseau comprend un bâtiment central et 62 annexes de quartier. La bibliothèque de Flushing, au cœur du quartier chinois, abrite l’International Resource Center qui rassemble la majorité des collections multilingues sur tous types de supports, imprimés, multimédias, e-books et bases de données de presse, et entretient une base de signets internationaux en lien avec les aires culturelles représentées dans les collections.

Enseignes dans le quartier de Flushing

Cette offre est liée à l’investissement actif de la bibliothèque dans l’accueil des nouveaux migrants depuis 1977, les collections étant intégrées à un large éventail de services et d’animations destinées à favoriser l’intégration et le dialogue entre les différentes communautés. Cet effort s’est d’abord concentré sur la population hispanophone puis s’est élargi aux lecteurs du chinois (1986), du coréen (1991), des langues du sous-continent indien (1996) puis du russe (1998). Dix-neuf autres langues sont également représentées, du polonais au créole.

Les notices du catalogue sont saisies, selon les exemplaires, en translittération, en caractères originaux ou en double affichage, mais les entrées d’index (titre, vedettes d’autorité) permettent de lier ces différents modes de saisie. Le catalogue est interrogeable aussi bien en caractères originaux qu’en translittération romanisée.

Le portail de la bibliothèque est conçu pour faciliter la navigation et l’orientation des lecteurs non-anglophones : le site et le catalogue sont interrogeables à travers six interfaces – en espagnol, en français et créole, en russe, en chinois et en coréen. Dans chacune de ces pages, les lecteurs trouvent notamment des outils de médiation dans leur langue pour utiliser les collections. À l’origine, la conversion du catalogue entre ces systèmes d’écriture était assurée par différents logiciels avant de convertir l’ensemble du catalogue à Unicode.

Une partie du personnel de la bibliothèque est recrutée au sein des communautés non-anglophones, afin d’assurer un travail d’acquisition, de traitement et de valorisation répondant au mieux aux attentes du public. L’évolution démographique de la ville est soigneusement étudiée par la bibliothèque afin d’adapter en permanence les collections et les services en fonction de l’évolution des nouveaux courants migratoires. Afin d’assurer le développement de ces services, des programmes réguliers d’échanges (formation du personnel, développement des collections, partage de technologies) sont menés avec des établissements étrangers, notamment en Chine, en Russie et en Ukraine.

La bibliothèque du Queens constitue ainsi un exemple remarquable de développement multilingue des collections associant la politique documentaire, le traitement des collections, les services, l’évaluation et la communication. Seule ombre au tableau, à l’instar de nombreuses autres bibliothèques publiques américaines et new-yorkaises en particulier, le réseau du Queens doit faire face en 2010 à des coupes budgétaires sans précédent (près de 30% des crédits sont annulés) qui fragilisent considérablement son activité et font peser une lourde incertitude sur la pérennité de cette politique.

Pour aller plus loin :

Le site de la Queens Library.

Le site de la pétition contre les coupes budgétaires auxquelles la bibliothèque doit faire face.

GITNER, Fred J. et ROSENTHAL, Stuart A. « La Queens Library ». BBF, 2007, n° 3, p. 71-77. [en ligne] Consulté le 14 juin 2010.

STRONG, Gary E. « Relever le défi de la diversité à la Queens Library ». BBF, 2002, n° 1, p. 81-85. [en ligne] Consulté le 14 juin 2010.

Le fond Adhemard Leclère en khmer ancien de la bibliothèque municipale d’Alençon

"Remise des armes à un tac", timbre du Royaume du Cambodge portant des mentions en khmer et en alphabet latin

« Remise des armes à un tac » , timbre du Royaume du Cambodge portant des mentions en khmer et en alphabet latin.

Le cas du fonds khmer de la bibliothèque municipale d’Alençon illustre la situation de petits établissements en charge d’importants fonds en écritures non-latines.

L’Alençonnais Adhémard Leclère (1853-1917) passe toute sa carrière dans les services civils de l’Indochine. Il apprend le khmer, s’intéresse au pays qu’il administre, collecte des informations sur le peuple khmer pendant 20 ans avant de prendre sa retraite en France. Entre 1939 et 1949, une série de legs de la famille Leclère à la bibliothèque municipale permet de constituer un fonds de plus de 1 000 volumes et brochures, dont un grand nombre en langue locale, ainsi que de nombreux cartons et dossiers.

La richesse documentaire de ce fonds provient surtout des trente six dossiers manuscrits rassemblés par Adhémard Leclère sur l’histoire, la religion, l’économie et la société khmère dans le contexte indochinois. En outre, ce fonds contient des livres de référence sur l’orientalisme. Un fonds d’ouvrages de référence sur l’Extrême Asie (en cours d’enrichissement) est à la disposition du public.

Les notices du catalogue informatique ont été saisies en caractères latins d’après la translittération des données. L’ensemble des références sur ce fonds peut s’afficher en faisant une recherche simple et rapide grâce à des mots clés tels que « Adhémard Leclère », « France Leclère » ou tout simplement « Khmer »…, mais aussi des termes khmers tels que « Jatakas », « Vesandar », « Tray-Phoum »…

Un spécialiste des manuscrits khmers a été missionné de janvier à octobre 2008 par la ville d’Alençon pour dresser l’inventaire des manuscrits. Dans le même temps, le catalogage a été mené par le personnel de la médiathèque.

Points forts :

La médiathèque produit de nombreux médias pour valoriser ce fonds patrimonial et mène actuellement plusieurs projets de front : inventaire exhaustif des manuscrits du fonds, signets sur Adhémard Leclère mis à la disposition du public, conférences, numérisation du fonds. Une exposition a déjà été réalisée sur le sujet en 2009 conjointement avec le Musée des Beaux-arts et de la dentelle d’Alençon.

Points faibles :

La médiathèque ne dispose pas de site internet propre qui servirait à la valorisation de ce fonds.

Ce fonds est peu consulté relativement à sa richesse et à sa singularité (39 consultations et 2 demandes de reproduction en 2009).

Pour aller plus loin :

La bibliothèque sur le portail de la ville d’Alençon

Le site de l’association d’échange et de formation pour les études khmères

MIKAELIAN, Grégory. « Inventaire provisoire des manuscrits du Fonds Adhémard Leclère de la bibliothèque municipale d’Alençon », 2002, 11 p. [en ligne] Consulté le 15 juin 2010.

MIKAELIAN, Grégory. Inventaire du don France Leclère de la bibliothèque municipale d’Alençon, précédé d’une brève biographie d’Adhémard Leclère, Paris, Les cahiers de Péninsule, coll. « Monographie », à paraître en 2010.

Les fonds slaves de la bibliothèque de l’ENS de Lyon pôle LSH

La bibliothèque de l’ENS Lyon pôle LSH possède d’importants fonds slaves (plus de 100 000 documents), dans les domaines de la littérature, des sciences humaines, de la linguistique. Ces importants fonds proviennent de divers achats, dons et dépôts faits à la bibliothèque, dont le remarquable fonds slave des jésuites qui compte environ 80 000 documents.

Le catalogage est fait selon les règles du Sudoc : complétude des notices bibliographiques, double saisie des champs. Le traitement du fonds est complexe : si le catalogage dans le Sudoc permet la double saisie automatique, il faut malgré tout maîtriser la norme internationale de translittération ISO 9, mais aussi la translittération dite des « slavistes » ainsi que la translittération anglo-saxonne, car toutes les notices ne sont pas doublées, et les notices translittérées ne le sont pas toutes en ISO 9. De plus, la translittération anglo-saxonne est indispensable pour interroger les bases américaines accessibles à partir de WiniBW et qui n’utilisent pas la norme internationale.

La bibliothèque va connaître un profond changement, lié au changement prochain de SIGB. Jusqu’ici, la bibliothèque utilisait Absys, qui n’acceptait pas Unicode (il ne supportait ni les caractères cyrilliques, ni les signes diacritiques indispensables à la translittération ISO 9). Dans le catalogue de la bibliothèque, pour l’usager comme pour le bibliothécaire, seules les zones translittérées s’affichaient, de manière imparfaite puisqu’un certain nombre de signes diacritiques n’étaient pas supportés : la bibliothèque a dû préciser dans le guide d’utilisation du catalogue public qu’il pouvait y avoir ambiguïté pour certains caractères. Par ailleurs, l’usager ne pouvait pas saisir des requêtes en russe mais devait s’aider du guide en ligne pour faire des requêtes en translittéré.

Avec le passage à Aleph, qui supporte Unicode, il sera possible de cataloguer en russe et en translittéré. L’usager pourra faire des requêtes dans la langue du document sur les autorités et les mots russes qui sont dans la notice. Pour l’y aider, les agents accompagneront l’usager dans l’utilisation de claviers virtuels.

Pour la saisie, l’équipe utilise le clavier russe de Windows appris par cœur, les signes diacritiques du Sudoc et des caractères anciens récupérés par copier/ coller depuis un fichier.

Le maniement et le traitement du fonds pose la question de la connaissance de la langue. Une certaine familiarité avec l’alphabet cyrillique est demandée au personnel. Les catalogueurs doivent, sinon maîtriser la langue russe, au moins avoir de bonnes notions, pour se plier aux règles de translittération permettant le catalogage. Un glossaire a été constitué pour le vocabulaire indispensable au traitement des ouvrages en russe. L’ensemble des agents a pu bénéficier, grâce à l’aide de la section de russe de l’ENS, de cours de russe pour tous niveaux. Des efforts sont attendus des collègues de la bibliothèque susceptibles de communiquer les documents, d’autant plus que les ouvrages sont cotés selon un système alphanumérique incluant des caractères cyrilliques.

Récipissé de la censure concernant la publication de la revue Deâtel', Kazan, 1914

Récipissé de la censure concernant la publication de la revue Deâtel', Kazan, 1914

Points forts

Les fonds concernés sont remarquables par leur ampleur et leur qualité. Le catalogage est fait document en main avec une grande attention. Le personnel est formé spécifiquement aux questions propres aux documents en alphabet cyrillique. L’arrivée d’un nouveau SIGB devrait permettre une meilleure visibilité de ces fonds dans le catalogue de la bibliothèque.

Points faibles

Le catalogage était jusqu’ici rendu complexe par le fait que le SIGB ne supportait pas Unicode : cela alourdissait cette tâche et rendait difficile la recherche pour l’usager.

Pour aller plus loin :

« Chercher des ouvrages en caractères cyrilliques », guide en ligne de la Bibliothèque de l’ENS.

Historique des fonds slaves sur le portail de la bibliothèque. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

La Bibliothèque Universitaire des Langues et Civilisations (BULAC)

La BULAC est un groupement d’intérêt public (GIP) regroupant, pour la partie documentation, les collections de différentes bibliothèques dont la Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales (BIULO). La BULAC intégrera en septembre 2011 le Pôle des langues & civilisations, en cours de construction sur la ZAC Paris Rive Gauche. Le Pôle, dont le projet remonte à la fin des années 1990 avec le Plan Université 3000, réunira trois entités, l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) pour la partie enseignement, la BULAC pour la documentation, et ultérieurement la tranche recherche.

Les collections de la BULAC s’organisent en grands domaines géographiques : Afrique, Moyen-Orient, Maghreb, Asie centrale, Europe balkanique, centrale et orientale, Asie. A l’intérieur de chacun de ces domaines sont regroupées différentes collections, développées au fur et à mesure de l’évolution des enseignements de l’École des langues orientales, où sont aujourd’hui enseignées une centaine de langues.

Le catalogue est multi-écritures. Le SIGB est Millenium depuis 2003 mais la BULAC étudie très sérieusement la possibilité de passer dans le logiciel libre Koha. Actuellement la BULAC catalogue en 30 écritures différentes grâce à Unicode.

L’équipe est composée d’une quinzaine de personnes, sans compter le personnel travaillant dans les 14 centres de documentation qui composent la BULAC.

Points forts :

La BULAC fait office de leader dans le traitement des documents en caractères non latins. Elle a catalogué en Unicode dans son SIGB Millenium depuis 2003, deux ans avant le Sudoc. La bibliothèque travaille avec le Sudoc sur la translittération automatique. Elle développe le clavier virtuel pour ses futurs utilisateurs. Les avancées technologiques ne pourront que permettre l’amélioration des services proposés par la BULAC en la matière.

Points faibles :

La BULAC n’est pas encore en service. Il est donc difficile de mesurer les faiblesses de son catalogue et les améliorations à apporter en termes de services au public.

"Timbre soviétique avec 6 écritures différentes sur 1 cm² !"
Pour aller plus loin :

Le catalogue multi-écritures sur le portail de la BULAC. Consulté le 15 juin 2010.

« La BULAC ! Le projet est devenu un GIP ». Arabesques, Agence bibliographique de l’enseignement supérieur, n° 35, juillet-août-septembre 2004, p. 8-16. [en ligne] Consulté le 15 juin 2010.

La bibliothèque de l’Institut du Monde Arabe (IMA)

L’IMA a été fondé en 1980 par la France et les états de la Ligue arabe, et ouvert au public en 1987. Sa bibliothèque compte aujourd’hui 85 000 documents, dont la moitié environ en arabe, 1 455 titres de périodiques (dont 347 abonnements en cours), 260 cartes et plans, et des « cédéroms bibliographiques ou spécialisés sur le monde arabe ». Une base multilingue d’articles dépouillés et indexés propose en outre, 32 000 références. Même si l’accent est mis sur la période contemporaine, les collections comprennent également « les sources de la culture arabe classique » ainsi que des ouvrages rares et précieux (au nombre de 1 600), la plupart au sein de deux « fonds spéciaux » (fonds Sayyid et Ninard). Tous ces documents ne sont accessibles qu’en consultation sur place.

Le public de l’établissement est majoritairement étudiant (même si on observe une diminution, qui risque de s’intensifier avec l’implantation de la BULAC). Une étude de public de mai 2006, l’évalue à 65% du « lectorat », ainsi que le mentionne le rapport d’activité 2007 de l’inspection générale des bibliothèques chargée « d’un diagnostic sur l’évolution de la bibliothèque et de préconisations pour garantir sa pérennité et son rayonnement », à la demande du président de l’institut.

La langue française est la plus utilisée pour le travail mais la langue arabe est pratiquée par 51% des lecteurs de la bibliothèque.

Timbre comportant des inscriptions en alphabet latin, sur-imprimées en hébreu et en arabe

Timbre comportant des inscriptions en alphabet latin, sur-imprimées en hébreu et en arabe

Points forts :

-Les collections sont particulièrement riches dans certains domaines comme les périodiques en langue arabe et la littérature du Maghreb, notamment ;

-Le thésaurus a été traduit en arabe dès 1996. Il comporte un index français et un index arabe. 1 200 non-descripteurs arabes (contre 457 français) ont été créés pour éviter les silences lors d’une recherche, en raison de la diversité synonymique de la langue. Ces opérations ont permis la mise en place d’un « catalogue bi-alphabétique » (grâce au logiciel MINISIS), permettant des recherches en arabe, sur place.

-Une bibliothèque numérique a été créée, en partenariat avec la bibliothèque d’Alexandrie. Le moteur de recherche permet des requêtes en arabe.

Points faibles :

Le Catalogue en ligne des collections n’est toujours pas disponible, car le nouveau système informatique qui devait notamment permettre des recherches en arabe n’a toujours pas été implanté. Le manque avait déjà été pointé en 2007 par l’inspection générale des bibliothèques.

-Dans la bibliothèque en ligne, les requêtes ne peuvent être rédigées en français. Celles qui ne sont pas exprimées en arabe doivent l’être en anglais.

Pour aller plus loin :

Le site de la bibliothèque de l’IMA. Consulté le 22 juin 2010.

Le site de la bibliothèque numérique de l’IMA. Consulté le 22 juin 2010.

Inspection générale des bibliothèques. Rapport d’activité 2007 : juin 2008. [en ligne] Consulté le 10 juin 2010.

DECHACHE, Nessima, BERRADA-LAADAM, Fatima. « Indexation et thésaurus bilingue à la bibliothèque de l’Institut du monde arabe ». Revue maghrébine de documentation, no11, 2001, p. 47-70.

SI AHMED, Djamila. « Un lieu de rencontre et de dialogue : la bibliothèque de l’Institut du monde arabe ». Bulletin d’informations de l’ABF, n°179, 1998, p. 44-48. [en ligne] Consulté le 10 juin 2010.

La bibliothèque municipale internationale de Grenoble

La Bibliothèque municipale internationale de Grenoble, fondée à l’initiative du recteur et du maire, a ouvert en 2003 au sein du réseau des bibliothèques municipales de Grenoble. Un partenariat très fort avec la Cité scolaire internationale a déterminé le choix des six langues représentées au sein de la bibliothèque, parmi lesquelles une n’utilisant pas l’alphabet latin : l’arabe.

Même si les livres sont majoritaires dans les collections, la part la plus importante du budget, en 2007, est consacrée à l’achat de DVD. Cet aspect est particulièrement marqué pour la langue arabe. Pour l’ensemble des langues, une portion croissante du budget est également destinée à l’acquisition de CD, notamment des méthodes de langue. Les collections comprennent aussi des périodiques. Au total, en 2006, les fonds comptaient presque 15 000 documents, dont environ un millier en arabe (contre environ 1 500 documents pour la majorité des autres langues).

Le volume des prêts est à la hausse de 2003 à 2006, mais reste faible (un peu plus de 18 000 documents en 2006) par rapport à celui des autres bibliothèques du réseau. Les prêts d’œuvres en langue arabe ne représentent qu’un peu plus de 500 documents en 2006. Les usagers de ce fonds sont français pour la moitié d’entre eux. Ce sont majoritairement des adultes grenoblois et des élèves de la cité internationale.

Timbre français sur-imprimé en arabe

Timbre français sur-imprimé en arabe

Points forts :

-La bibliothèque fait office de centre de ressources en langues étrangères pour l’ensemble du réseau des bibliothèques de Grenoble.

-Un travail avec un centre social contribue à enrichir le fonds arabe de documentaires (quasi absents des collections pour les autres langues) dans des domaines particuliers comme la santé.

-La plupart des produits documentaires (guide du lecteur, signets…) que propose la BMI par exemple, comprennent une version en arabe, tout comme la page du site Internet consacrée à la BMI.

-Depuis 2009, dans le catalogue en ligne commun à l’ensemble des bibliothèques municipales de Grenoble, les notices bibliographiques d’ouvrages en langue arabe sont rédigées et s’affichent en version originale.

-Pour pouvoir les rechercher, un clavier en arabe est disponible à la bibliothèque. L’utilisation de claviers virtuels proposés par Lexilogos est également conseillée.

Points faibles :

-La situation singulière de la bibliothèque dans un quartier d’affaires récent, relativement éloigné du centre-ville et des ressources de proximité.

-La bibliothèque est pénalisée par son image de bibliothèque non accessible à tous, en raison de la présence, dans les murs de la bibliothèque, du centre de documentation et d’information (CDI) de la cité scolaire internationale, dont la majorité des documents ne sont pas empruntables par le public extérieur à l’établissement d’enseignement.

-Le fonds en arabe n’évolue plus, faute de personnel pour le traiter. Une recherche de solutions est en cours, pour recruter quelqu’un de façon ponctuelle.

♦ Pour aller plus loin :

LHUILLIER, Marion. « La bibliothèque municipale internationale de Grenoble ». BBF, 2007, n° 3, p. 52-57. [en ligne] Consulté le 12 juin 2010.

La page de la BMI sur le portail de la Bibliothèque municipale de Grenoble, en français et en arabe.

Le fonds chinois de la Bibliothèque Municipale de Lyon

En 1987, la bibliothèque municipale de Lyon reçoit en dépôt les collections d’imprimés et d’archives (1921-1946) de l’institut franco-chinois de Lyon. Ce fonds patrimonial rassemblait à l’origine 10 000 volumes en langue chinoise, reliés « à la chinoise » ; 4 000 monographies modernes (1910-1940) ; 425 titres de périodiques en chinois ; 15 000 volumes et 150 titres de périodiques en langues occidentales.

Les collections du fonds chinois sont régulièrement enrichies par des dons et des dépôts, ainsi que par un système d’échange avec des bibliothèques chinoises ou taïwanaises. Aujourd’hui ces collections comptent 57 000 documents dont 97 % en chinois, ce qui en fait le fonds chinois le plus important de France dans une bibliothèque publique

Il faut en outre associer à ces collections les 250 ouvrages en chinois du département Langues et littérature de la bibliothèque de la Part-Dieu, disponibles au prêt, et les documents en français relatifs à la Chine dispersés dans les différents rayonnages.

Le catalogue informatisé offre des notices bibliographiques en double écriture (en format Unimarc, caractères chinois et transcription pinyin). La recherche dans l’Opac peut se faire en caractères latins ou chinois. L’indexation « matières » est bilingue français-anglais.

Copie d'écran du catalogue en chinois de la BML

Exemple des résultats affichés en chinois lors d'une requête dans le catalogue du fonds chinois de la BML

Un à deux bibliothécaires sinophones travaillent à plein temps au traitement et à la mise en valeur de ces collections, très occasionnellement assistés par des stagiaires. Leur polyvalence leur permet de dispenser des renseignements individualisés et souvent à distance, de créer des animations autour des collections ou encore de conseiller leurs collègues pour les acquisitions en littérature chinoise.

Points forts :

En tant que bibliothèque publique, la BML s’adresse à un spectre étendu de lecteurs. Elle a ainsi développé le fonds chinois avec le souci de satisfaire aussi bien les demandes des Lyonnais sinisants, des étudiants chinois à Lyon que des chercheurs internationaux.

Points faibles :

Il n’y a pas de clavier à caractères chinois dans les locaux de la BML pour des raisons techniques ; cependant les Chinois apprennent très tôt à l’école les règles de transcription pinyin, ce qui relativise largement cet inconvénient.

Le principal problème réside dans la gestion des renvois du catalogue informatisé, qui est très approximative et qui entraine un risque de perte d’informations lors des recherches dans le catalogue.

♦ Pour aller plus loin

Le fonds chinois sur le portail de la BML

Les outils recensés par la BML pour lire et écrire en chinois sur un ordinateur

MONTE, Valentina De. « Le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon ». BBF, 2007, n° 3, p. 62-66 [en ligne] Consulté le 12 juin 2010.