Carte heuristique autour d’Unicode

Cette carte a pour vocation de présenter sous forme graphique toutes les ressources que l’on peut mobiliser sur le Web à propos d’Unicode (et plus particulièrement à propos d’Unicode en bibliothèque).

Chaque branche principale privilégie une approche et des besoins d’utilisateurs différents :

Se renseigner sur Unicode recense des définitions générales de premier niveau et des ressources bibliographiques sur la question ;

Utiliser Unicode décline les outils nécessaires à la saisie ou à la lecture de textes dans un autre alphabet, tant pour les usagers des bibliothèques ou le grand public que pour les professionnels ayant à cataloguer des documents en caractères non latins ;

– Enfin, Quelles ressources pour quel alphabet vous offre un panorama des outils classés par langues ou alphabets non latin (asiatique, cyrillique, arabe et grec principalement).

Cliquez sur l’image pour ouvrir la carte et naviguer dans l’arborescence dynamique !

Carte heuristique sur Unicode en bibliothèque

Panorama des ressources recensées autour d'Unicode

Petite légende à l’intention des lecteurs qui ne sont pas familiers des cartes heuristiques :

– En cliquant sur les + et les placés aux embranchements, vous pouvez à l’envi naviguer dans l’arborescence et déployer plus ou moins chaque branche ;

– Une petite flèche  en haut à droite des bulles de la carte signifie qu’un lien actif vers un site ou une ressource en ligne prolonge la branche de la carte sur le Web ;

– Une petite « fiche » jaune placée dans la bulle ouvre une note explicative quand le curseur de la souris glisse dessus ;

– Un petit trombone dans une bulle indique qu’un document y est attaché.

Fiche pratique : Unicode au quotidien

Après une petite mise au point dans « Unicode pour les Nuls », voici une présentation du versant « pratique » d’Unicode, applicable aussi bien dans un traitement de texte que dans un logiciel de messagerie, au quotidien (car ces outils font aussi partie de l’ordinaire des bibliothèques !). Pour ce billet, le guide Unicode 5.0 en pratique : codage des caractères et internationaliation des logiciels et des documents de Patrick Andries nous a été très utile.

Ma police est-elle « Unicode-compatible » ?

Il existe plusieurs façon de vérifier que notre police préférée peut être utilisée avec des textes Unicode. Pour les ordinateurs qui tournent sous Windows, il faut au préalable télécharger et installer librement un logiciel Microsoft. Une fois ces étapes franchies, il suffit d’aller sur une police (dans le répertoire « Polices » du panneau de configuration), de faire apparaître le menu contextuel en faisant un clic droit et de choisir « Propriétés ». Une boîte de dialogue apparaît. Il convient de choisir l’onglet « CharSet / Unicode » pour vérifier que le premier encadré porte bien une mention du type « Font Encoding Type : Unicode ISO 10646-2 ». Les encarts suivants dans la fenêtre indiquent quels caractères cette police supporte  (latins mais aussi bien souvent cyrilliques, grecs, turcs etc.).

Pour les addicts d’autres systèmes d’exploitation que Windows, il existe une deuxième solution pour vérifier que l’on utilise une police « Unicode-compatible », grâce à l‘outil « BabelMap » (répertorié dans les signets, rubrique Outils). Il faut le télécharger, puis l’installer et le démarrer. Allez dans « Outils » puis « Analyse de police ». Il est alors possible d’analyser la police et de voir tous les blocs Unicode qu’elle prend en charge. Si les caractères affichés pour un bloc dans « L’échantillon de texte » présenté en dessous ne correspondent pas aux noms de caractères (par exemple : vous voyez des caractères en arabe quand l’intitulé parle de « latin… »), votre police n’est pas Unicode-compatible.

NB : cette interface, contrairement à celle de Microsoft, est entièrement traduite en français !

Comment saisir des caractères Unicode ?

Il existe plusieurs possibilités pour saisir des caractères Unicode, selon le logiciel, la plate-forme, le document que l’on veut rédiger. Nous ne parlons pas ici des langues idéographiques, qui disposent de ressources supplémentaires.

– La méthode la plus simple consiste à utiliser le clavier « normal », grâce à une combinaison de touches affectée à un caractère. Cette combinaison comprends souvent les touches « Alt », « Alt Gr » ou « Ctrl ». Ainsi, la valeur hexadécimale correspondant à « È » est « Alt+0200 ». Néanmoins, si cette méthode est facile à maîtriser, elle n’est valable que lorsqu’on utilise un petit nombre de caractères Unicode de façon très courante. Dans le cas inverse, retenir de mémoire toutes les combinaisons attachées aux caractères devient vite un casse-tête.

– La technique de l’appel de caractères s’approche beaucoup, dans la méthode et les inconvénients,  de ce premier mode de saisie. Il s’agit d’appeler un caractère en composant son code sous forme de chaîne de caractères (par exemple « &#x00c8 » correspond à un « È », qui sera réinterprété comme tel dans les éditeurs HTML et XML).

– Pour contourner cette difficulté mnémotechnique, certains logiciels proposent un menu (c’est le cas de l’éditeur HTML de Mozilla, Composeur, par exemple), dans lequel il faut aller chercher l’option qui insère un caractère choisit. Cela peut également devenir rapidement fastidieux, d’autant plus que souvent, les éditeurs ne proposent qu’un nombre de caractères très limité.

– La technique de la sélection à partir d’un tableau (comme dans la version gratuite de WordPress par exemple) s’en approche beaucoup : à travers un menu, on appelle une grille,  dans laquelle on choisit le caractère que l’on veut. Contrairement au simple menu décrit précédemment, le choix est plus étendu. C’est le cas sous Open Office, quand on fait « Insertion / Caractères spéciaux ».

– Enfin, mixant la solution « tableau »  à l’écran et utilisation du clavier via une combinaison de touches, la technique du clavier virtuel a tendance à se développer, comme nous l’avons détaillé dans un autre billet qui traite aussi de l’utilisation de ce type de matériel en bibliothèque.

♦ Pour aller plus loin :

ANDRIES, Patrick. Unicode 5.O en pratique : codage des caractères et internationalisation des logiciels et des documents. Paris, Dunod, 2008, 399 p.

L’outil BabelMap, à télécharger gratuitement.

L’accessibilité multilingue des sites web (1) : lire une page web multi-écritures

La généralisation d’Unicode est encore incomplète et nombre de pages web utilisent encore des codages hétérogènes qui peuvent poser des problèmes d’affichage. Les sites des principales bibliothèques russes, par exemple, utilisent la norme win-1251 pour le codage des caractères cyrilliques (Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg et Bibliothèque d’État de Russie à Moscou). L’internaute doit donc s’assurer que les paramètres de son navigateur sont réglés sur la détection automatique des caractères, ou au besoin, modifier lui-même la norme d’affichage.

Sous Firefox : Affichage/Encodage des caractères, puis sélection du jeu de caractères approprié.

Sous Internet Explorer : Affichage/Code puis sélection du jeu de caractères approprié.

Si des problèmes persistent, cela s’explique par l’absence de polices Unicode dans le système de l’ordinateur utilisé, ou bien l’absence de police supportant les caractères de l’écriture recherchée, notamment des polices CJK pour les écritures idéographiques d’Europe orientale. Il faut alors installer les polices appropriées, sous Internet Explorer comme sous Mozilla Firefox, dans le menu Outils/Options/Contenu/Police.

Billet de 1 rouble soviétique de 1961 : dans le cadre central sur fond blanc, la mention « un rouble » en russe est traduite dans les langues principales des différentes républiques de l’URSS
Billet de 1 rouble soviétique de 1961 : dans le cadre central sur fond blanc, la mention « un rouble » en russe est traduite dans les langues principales des différentes républiques de l’URSS.

Pour aller plus loin :

Fiche pratique pour l’affichage de caractères non latins, sur le site du Conseil national de recherches Canada. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Fiche pratique de la Bibliothèque du Congrès (en anglais). [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Précautions particulières pour l’installation de polices Unicode supportant les écritures idéographiques sur le site du Council on East Asian Libraries (en anglais). [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

L’accessibilité multilingue des sites web (2) : construire une page web multilingue

Une page web multilingue doit intégrer des polices supportant les caractères propres à chaque écriture. La police la plus complète est la police Arial MS Unicode. Pour pouvoir jouer des différents jeux typographiques, la programmation devra donc s’assurer que les caractères propres à chaque écriture ou à chaque langue sont inclus dans les polices de caractère qu’il souhaite utiliser.

La page doit également intégrer, dans son architecture, les habitudes de lecture de l’écriture visée : lecture de droite à gauche pour l’hébreu et l’arabe, lecture verticale pour le chinois par exemple. En conséquence, la disposition des différentes cellules pourra être inversée : menu principal à droite et à gauche, transformation de bandeaux horizontaux en colonnes. La norme W3C s’efforce d’harmoniser les pratiques d’internationalisation des pages web pour faciliter la navigation et les conversions, notamment la reconnaissance automatique de l’encodage par les navigateurs.

Forme à imprimer

Forme à imprimer

Pour aller plus loin :

Le site de W3C. Consulté le 22 juin 2010. Voir notamment :

Généralités sur l’encodage

Généralités sur l’encodage en version française

Code des caractères en HTML et CSS

Spécification du codage dans les entêtes HTML

Base de données des glyphes spécifiques aux différentes langues utilisant alphabet latin ou cyrillique. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Le site personnel d’Alan Wood, recensant les différents blocs d’Unicode avec pages de tests, conseils et liens vers les polices. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Tutoriel sur les principes d’internationalisation des pages web. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

L’accessibilité multilingue des sites web (3) : vers des URL multi-écritures ?

Si l’encodage du contenu d’une page web et de son intitulé est facilité par la généralisation d’Unicode, les URL (une URL est l’adresse du serveur abritant une page web) n’acceptent que l’alphabet latin, non accentué, car seule la norme ASCII est supportée à ce jour. Mais l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), l’autorité chargée de la gestion des noms de domaine, travaille désormais pour mettre en place des URL correspondant à l’écriture de la page web hébergée (International Domain Names, ou IDN) : ce principe a été voté le 30 octobre 2009 lors du congrès de l’organisation à Séoul, et les premiers enregistrements d’URL en caractères non-latins ont été ouverts en novembre. Mais les difficultés techniques persistent, notamment celles liées à la directionnalité des écritures.

Pour aller plus loin :

Deux articles relatifs au travail de l’ICANN pour l’internationalisation des URL:

« Les adresses web s’ouvrent aux alphabets du monde ». [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

« Cliquez sur وزارة-الأتصالات.مصر ». [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Documents officiels de l’ICANN sur le sujet :

Internationalized Domain Names. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

ICANN Bringing the Languages of the World to the Global Internet. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Les claviers virtuels et leur utilisation en bibliothèque

Clavier virtuel russe, en cyrillique

Clavier virtuel russe, en cyrillique

Les claviers virtuels sont des « pilotes logiciels qui réassignent aux touches d’un clavier matériel des valeurs différentes de celles qui y sont représentées » (V. Hachard). Ils permettent donc d’entrer les caractères de presque toutes les écritures, à partir de n’importe quel ordinateur, en cliquant sur les représentations des caractères de l’alphabet choisi. Désormais proposés librement par de nombreux sites internet de qualité, ils sont de plus en plus simples d’utilisation. Pour la saisie des milliers de caractères des langues chinoise, japonaise et coréenne dites CJK, existent des logiciels spécifiques comme l’Input method editor (IME) développé par Microsoft et jugé « plus facilement généralisable » par Vincent Hachard. Plusieurs de ces programmes sont fournis avec MS Internet Explorer 5+ ou Windows 2000+. Un outil de modification des pilotes de clavier est également téléchargeable en ligne sur une page du site de Microsoft. L’IME lancé récemment par Google, même s’il est librement disponible pour 19 langues (dont l’arabe, le grec, et le russe) ne prend actuellement pas en charge les CJK.

L’ensemble de ces outils constitue pour les bibliothèques dont le catalogue permet, grâce à l’utilisation d’Unicode, une interrogation à l’aide de caractères non latins, une alternative privilégiée à l’acquisition de claviers dans les différentes langues représentées dans ses fonds. Ainsi, la bibliothèque municipale internationale de Grenoble, qui ne dispose dans sa salle de lecture que d’un seul clavier en arabe pour l’interrogation des notices de ses fonds dans la langue, recommande à ses usagers l’utilisation des claviers virtuels proposés par le site Lexilogos.

La BULAC, particulièrement concernée en raison de la nature de ses fonds et grâce à la hauteur de ses moyens, travaille, quant à elle, à l’amélioration des claviers virtuels, sur certains points encore insuffisants : complexité d’utilisation encore trop importante, problèmes de correspondance avec des claviers azerty…

Clavier virtuel hébreu

Clavier virtuel hébreu

Pour aller plus loin :

ANDRIES, Patrick. Unicode 5.0 en pratique : codage des caractères et internationalisation des logiciels et des documents. Paris : DUNOD, 2008, 399 p.

« Enjeux et défis d’un système de catalogage multilingue et multiécriture ». Arabesques, Agence bibliographique de l’enseignement supérieur, n° 35, juillet-août-septembre 2004, p. 12-16. [en ligne] Consulté le 21 juin 2010.

Outils:

The Microsoft Keyboard Layout Creator. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

L’IME proposé par Google. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Claviers multilingues proposés par Richard Ishida (W3C). [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Claviers virtuels sur le site Lexilogos. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Keyman, logiciel de gestion de claviers. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.