Carte heuristique autour d’Unicode

Cette carte a pour vocation de présenter sous forme graphique toutes les ressources que l’on peut mobiliser sur le Web à propos d’Unicode (et plus particulièrement à propos d’Unicode en bibliothèque).

Chaque branche principale privilégie une approche et des besoins d’utilisateurs différents :

Se renseigner sur Unicode recense des définitions générales de premier niveau et des ressources bibliographiques sur la question ;

Utiliser Unicode décline les outils nécessaires à la saisie ou à la lecture de textes dans un autre alphabet, tant pour les usagers des bibliothèques ou le grand public que pour les professionnels ayant à cataloguer des documents en caractères non latins ;

– Enfin, Quelles ressources pour quel alphabet vous offre un panorama des outils classés par langues ou alphabets non latin (asiatique, cyrillique, arabe et grec principalement).

Cliquez sur l’image pour ouvrir la carte et naviguer dans l’arborescence dynamique !

Carte heuristique sur Unicode en bibliothèque

Panorama des ressources recensées autour d'Unicode

Petite légende à l’intention des lecteurs qui ne sont pas familiers des cartes heuristiques :

– En cliquant sur les + et les placés aux embranchements, vous pouvez à l’envi naviguer dans l’arborescence et déployer plus ou moins chaque branche ;

– Une petite flèche  en haut à droite des bulles de la carte signifie qu’un lien actif vers un site ou une ressource en ligne prolonge la branche de la carte sur le Web ;

– Une petite « fiche » jaune placée dans la bulle ouvre une note explicative quand le curseur de la souris glisse dessus ;

– Un petit trombone dans une bulle indique qu’un document y est attaché.

Publicités

La Queens Public Library : un exemple de multilinguisme dans une bibliothèque étrangère

La Queens Public Library, fondée en 1896, correspond au réseau de lecture publique du quartier du Queens dans la ville de New York, une zone très métissée où plus de la moitié des habitants sont nés hors des États-Unis. C’est une des bibliothèques publiques les plus importantes du pays par le nombre de prêts (21 millions en 2007) et le volume des collections (plus de 6 millions de documents). Le réseau comprend un bâtiment central et 62 annexes de quartier. La bibliothèque de Flushing, au cœur du quartier chinois, abrite l’International Resource Center qui rassemble la majorité des collections multilingues sur tous types de supports, imprimés, multimédias, e-books et bases de données de presse, et entretient une base de signets internationaux en lien avec les aires culturelles représentées dans les collections.

Enseignes dans le quartier de Flushing

Cette offre est liée à l’investissement actif de la bibliothèque dans l’accueil des nouveaux migrants depuis 1977, les collections étant intégrées à un large éventail de services et d’animations destinées à favoriser l’intégration et le dialogue entre les différentes communautés. Cet effort s’est d’abord concentré sur la population hispanophone puis s’est élargi aux lecteurs du chinois (1986), du coréen (1991), des langues du sous-continent indien (1996) puis du russe (1998). Dix-neuf autres langues sont également représentées, du polonais au créole.

Les notices du catalogue sont saisies, selon les exemplaires, en translittération, en caractères originaux ou en double affichage, mais les entrées d’index (titre, vedettes d’autorité) permettent de lier ces différents modes de saisie. Le catalogue est interrogeable aussi bien en caractères originaux qu’en translittération romanisée.

Le portail de la bibliothèque est conçu pour faciliter la navigation et l’orientation des lecteurs non-anglophones : le site et le catalogue sont interrogeables à travers six interfaces – en espagnol, en français et créole, en russe, en chinois et en coréen. Dans chacune de ces pages, les lecteurs trouvent notamment des outils de médiation dans leur langue pour utiliser les collections. À l’origine, la conversion du catalogue entre ces systèmes d’écriture était assurée par différents logiciels avant de convertir l’ensemble du catalogue à Unicode.

Une partie du personnel de la bibliothèque est recrutée au sein des communautés non-anglophones, afin d’assurer un travail d’acquisition, de traitement et de valorisation répondant au mieux aux attentes du public. L’évolution démographique de la ville est soigneusement étudiée par la bibliothèque afin d’adapter en permanence les collections et les services en fonction de l’évolution des nouveaux courants migratoires. Afin d’assurer le développement de ces services, des programmes réguliers d’échanges (formation du personnel, développement des collections, partage de technologies) sont menés avec des établissements étrangers, notamment en Chine, en Russie et en Ukraine.

La bibliothèque du Queens constitue ainsi un exemple remarquable de développement multilingue des collections associant la politique documentaire, le traitement des collections, les services, l’évaluation et la communication. Seule ombre au tableau, à l’instar de nombreuses autres bibliothèques publiques américaines et new-yorkaises en particulier, le réseau du Queens doit faire face en 2010 à des coupes budgétaires sans précédent (près de 30% des crédits sont annulés) qui fragilisent considérablement son activité et font peser une lourde incertitude sur la pérennité de cette politique.

Pour aller plus loin :

Le site de la Queens Library.

Le site de la pétition contre les coupes budgétaires auxquelles la bibliothèque doit faire face.

GITNER, Fred J. et ROSENTHAL, Stuart A. « La Queens Library ». BBF, 2007, n° 3, p. 71-77. [en ligne] Consulté le 14 juin 2010.

STRONG, Gary E. « Relever le défi de la diversité à la Queens Library ». BBF, 2002, n° 1, p. 81-85. [en ligne] Consulté le 14 juin 2010.

Le fonds chinois de la Bibliothèque Municipale de Lyon

En 1987, la bibliothèque municipale de Lyon reçoit en dépôt les collections d’imprimés et d’archives (1921-1946) de l’institut franco-chinois de Lyon. Ce fonds patrimonial rassemblait à l’origine 10 000 volumes en langue chinoise, reliés « à la chinoise » ; 4 000 monographies modernes (1910-1940) ; 425 titres de périodiques en chinois ; 15 000 volumes et 150 titres de périodiques en langues occidentales.

Les collections du fonds chinois sont régulièrement enrichies par des dons et des dépôts, ainsi que par un système d’échange avec des bibliothèques chinoises ou taïwanaises. Aujourd’hui ces collections comptent 57 000 documents dont 97 % en chinois, ce qui en fait le fonds chinois le plus important de France dans une bibliothèque publique

Il faut en outre associer à ces collections les 250 ouvrages en chinois du département Langues et littérature de la bibliothèque de la Part-Dieu, disponibles au prêt, et les documents en français relatifs à la Chine dispersés dans les différents rayonnages.

Le catalogue informatisé offre des notices bibliographiques en double écriture (en format Unimarc, caractères chinois et transcription pinyin). La recherche dans l’Opac peut se faire en caractères latins ou chinois. L’indexation « matières » est bilingue français-anglais.

Copie d'écran du catalogue en chinois de la BML

Exemple des résultats affichés en chinois lors d'une requête dans le catalogue du fonds chinois de la BML

Un à deux bibliothécaires sinophones travaillent à plein temps au traitement et à la mise en valeur de ces collections, très occasionnellement assistés par des stagiaires. Leur polyvalence leur permet de dispenser des renseignements individualisés et souvent à distance, de créer des animations autour des collections ou encore de conseiller leurs collègues pour les acquisitions en littérature chinoise.

Points forts :

En tant que bibliothèque publique, la BML s’adresse à un spectre étendu de lecteurs. Elle a ainsi développé le fonds chinois avec le souci de satisfaire aussi bien les demandes des Lyonnais sinisants, des étudiants chinois à Lyon que des chercheurs internationaux.

Points faibles :

Il n’y a pas de clavier à caractères chinois dans les locaux de la BML pour des raisons techniques ; cependant les Chinois apprennent très tôt à l’école les règles de transcription pinyin, ce qui relativise largement cet inconvénient.

Le principal problème réside dans la gestion des renvois du catalogue informatisé, qui est très approximative et qui entraine un risque de perte d’informations lors des recherches dans le catalogue.

♦ Pour aller plus loin

Le fonds chinois sur le portail de la BML

Les outils recensés par la BML pour lire et écrire en chinois sur un ordinateur

MONTE, Valentina De. « Le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon ». BBF, 2007, n° 3, p. 62-66 [en ligne] Consulté le 12 juin 2010.