Les fonds slaves de la bibliothèque de l’ENS de Lyon pôle LSH

La bibliothèque de l’ENS Lyon pôle LSH possède d’importants fonds slaves (plus de 100 000 documents), dans les domaines de la littérature, des sciences humaines, de la linguistique. Ces importants fonds proviennent de divers achats, dons et dépôts faits à la bibliothèque, dont le remarquable fonds slave des jésuites qui compte environ 80 000 documents.

Le catalogage est fait selon les règles du Sudoc : complétude des notices bibliographiques, double saisie des champs. Le traitement du fonds est complexe : si le catalogage dans le Sudoc permet la double saisie automatique, il faut malgré tout maîtriser la norme internationale de translittération ISO 9, mais aussi la translittération dite des « slavistes » ainsi que la translittération anglo-saxonne, car toutes les notices ne sont pas doublées, et les notices translittérées ne le sont pas toutes en ISO 9. De plus, la translittération anglo-saxonne est indispensable pour interroger les bases américaines accessibles à partir de WiniBW et qui n’utilisent pas la norme internationale.

La bibliothèque va connaître un profond changement, lié au changement prochain de SIGB. Jusqu’ici, la bibliothèque utilisait Absys, qui n’acceptait pas Unicode (il ne supportait ni les caractères cyrilliques, ni les signes diacritiques indispensables à la translittération ISO 9). Dans le catalogue de la bibliothèque, pour l’usager comme pour le bibliothécaire, seules les zones translittérées s’affichaient, de manière imparfaite puisqu’un certain nombre de signes diacritiques n’étaient pas supportés : la bibliothèque a dû préciser dans le guide d’utilisation du catalogue public qu’il pouvait y avoir ambiguïté pour certains caractères. Par ailleurs, l’usager ne pouvait pas saisir des requêtes en russe mais devait s’aider du guide en ligne pour faire des requêtes en translittéré.

Avec le passage à Aleph, qui supporte Unicode, il sera possible de cataloguer en russe et en translittéré. L’usager pourra faire des requêtes dans la langue du document sur les autorités et les mots russes qui sont dans la notice. Pour l’y aider, les agents accompagneront l’usager dans l’utilisation de claviers virtuels.

Pour la saisie, l’équipe utilise le clavier russe de Windows appris par cœur, les signes diacritiques du Sudoc et des caractères anciens récupérés par copier/ coller depuis un fichier.

Le maniement et le traitement du fonds pose la question de la connaissance de la langue. Une certaine familiarité avec l’alphabet cyrillique est demandée au personnel. Les catalogueurs doivent, sinon maîtriser la langue russe, au moins avoir de bonnes notions, pour se plier aux règles de translittération permettant le catalogage. Un glossaire a été constitué pour le vocabulaire indispensable au traitement des ouvrages en russe. L’ensemble des agents a pu bénéficier, grâce à l’aide de la section de russe de l’ENS, de cours de russe pour tous niveaux. Des efforts sont attendus des collègues de la bibliothèque susceptibles de communiquer les documents, d’autant plus que les ouvrages sont cotés selon un système alphanumérique incluant des caractères cyrilliques.

Récipissé de la censure concernant la publication de la revue Deâtel', Kazan, 1914

Récipissé de la censure concernant la publication de la revue Deâtel', Kazan, 1914

Points forts

Les fonds concernés sont remarquables par leur ampleur et leur qualité. Le catalogage est fait document en main avec une grande attention. Le personnel est formé spécifiquement aux questions propres aux documents en alphabet cyrillique. L’arrivée d’un nouveau SIGB devrait permettre une meilleure visibilité de ces fonds dans le catalogue de la bibliothèque.

Points faibles

Le catalogage était jusqu’ici rendu complexe par le fait que le SIGB ne supportait pas Unicode : cela alourdissait cette tâche et rendait difficile la recherche pour l’usager.

Pour aller plus loin :

« Chercher des ouvrages en caractères cyrilliques », guide en ligne de la Bibliothèque de l’ENS.

Historique des fonds slaves sur le portail de la bibliothèque. [en ligne] Consulté le 22 juin 2010.

Publicités

Le fonds chinois de la Bibliothèque Municipale de Lyon

En 1987, la bibliothèque municipale de Lyon reçoit en dépôt les collections d’imprimés et d’archives (1921-1946) de l’institut franco-chinois de Lyon. Ce fonds patrimonial rassemblait à l’origine 10 000 volumes en langue chinoise, reliés « à la chinoise » ; 4 000 monographies modernes (1910-1940) ; 425 titres de périodiques en chinois ; 15 000 volumes et 150 titres de périodiques en langues occidentales.

Les collections du fonds chinois sont régulièrement enrichies par des dons et des dépôts, ainsi que par un système d’échange avec des bibliothèques chinoises ou taïwanaises. Aujourd’hui ces collections comptent 57 000 documents dont 97 % en chinois, ce qui en fait le fonds chinois le plus important de France dans une bibliothèque publique

Il faut en outre associer à ces collections les 250 ouvrages en chinois du département Langues et littérature de la bibliothèque de la Part-Dieu, disponibles au prêt, et les documents en français relatifs à la Chine dispersés dans les différents rayonnages.

Le catalogue informatisé offre des notices bibliographiques en double écriture (en format Unimarc, caractères chinois et transcription pinyin). La recherche dans l’Opac peut se faire en caractères latins ou chinois. L’indexation « matières » est bilingue français-anglais.

Copie d'écran du catalogue en chinois de la BML

Exemple des résultats affichés en chinois lors d'une requête dans le catalogue du fonds chinois de la BML

Un à deux bibliothécaires sinophones travaillent à plein temps au traitement et à la mise en valeur de ces collections, très occasionnellement assistés par des stagiaires. Leur polyvalence leur permet de dispenser des renseignements individualisés et souvent à distance, de créer des animations autour des collections ou encore de conseiller leurs collègues pour les acquisitions en littérature chinoise.

Points forts :

En tant que bibliothèque publique, la BML s’adresse à un spectre étendu de lecteurs. Elle a ainsi développé le fonds chinois avec le souci de satisfaire aussi bien les demandes des Lyonnais sinisants, des étudiants chinois à Lyon que des chercheurs internationaux.

Points faibles :

Il n’y a pas de clavier à caractères chinois dans les locaux de la BML pour des raisons techniques ; cependant les Chinois apprennent très tôt à l’école les règles de transcription pinyin, ce qui relativise largement cet inconvénient.

Le principal problème réside dans la gestion des renvois du catalogue informatisé, qui est très approximative et qui entraine un risque de perte d’informations lors des recherches dans le catalogue.

♦ Pour aller plus loin

Le fonds chinois sur le portail de la BML

Les outils recensés par la BML pour lire et écrire en chinois sur un ordinateur

MONTE, Valentina De. « Le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon ». BBF, 2007, n° 3, p. 62-66 [en ligne] Consulté le 12 juin 2010.