Le recrutement et la qualification des personnels de bibliothèque

« Difficulté majeure que de recruter quelqu’un qui connaisse bien la langue et la civilisation chinoise, tout en étant formé à la profession ! Soit c’est l’un, soit c’est l’autre, bien rarement les deux. Faute de personnel ayant cette double compétence, on est vite confronté à la difficulté, sinon l’impossibilité, de traiter, développer et valoriser convenablement des fonds en langues étrangères. »

Valentina de Monte, « Le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon ». BBF, 2007, n° 3, p. 62-66.

« Extrait d’un abécédaire des caractères cyrilliques civils et slavons d’Eglise pour l’enseignement des enfants Sarapouls dans leur langue », Kazan, 1847.

L’usage d’Unicode, s’il règle une certain nombre de questions techniques d’affichages et de catalogage, ne va pas toutefois sans poser un certain nombre de problèmes de personnels dans les bibliothèques, comme le souligne Valentina de Monte. En effet, indépendamment des questions de sélection et de médiation des documents, même pour effectuer des opérations techniques de saisie des données bibliographiques dans la langue et l’alphabet du document (et bien que les interfaces, comme le SUDOC par exemple, soient conçues pour), il est nécessaire de maîtriser un tant soit peu cet alphabet. La question des personnels dans les bibliothèques traitant de tels fonds se pose alors selon deux angles :

– Enjeux

De façon générale, il est indispensable à toute bibliothèque gérant des collections en langues étrangères de compter parmi son équipe un agent maîtrisant plus ou moins bien la langue concernée. Cette nécessité devient encore plus forte lorsque la langue est écrite dans un alphabet non latin, l’agent doit pouvoir la lire et la comprendre pour :

-faire des acquisitions ;

cataloguer les ouvrages, en translittéré ou dans l’alphabet original ;

ranger les ouvrages et les mettre en valeur dans la bibliothèque ;

-faire de la médiation, conseiller et faire vivre le fonds.

– Difficultés

Certaines bibliothèques recrutent des agents dont la mission principale est de s’occuper du fonds en langue étrangère. Elles privilégient dans ce cas les candidats ayant une solide maîtrise de la langue et de la culture du pays où elle est parlée. C’est le cas de la BML qui dispose d’un important fonds en langue chinoise et qui a recruté deux sinophones pour s’en occuper : ils se sont formés une fois en poste aux techniques documentaires. De même, au sein des équipes qui composent la BULAC, les compétences en langues (en langues orientales particulièrement) ont été privilégiées et déterminantes dans la rédaction des profils de poste et le recrutement des titulaires. Cette mesure volontaire s’est également accompagnée du recrutement de vacataires en appoint sur des contrats de courte durée, pour les langues « rares », notamment pour des tâches de catalogage.

D’autres structures, plus petites, n’ont pas les moyens d’embaucher un agent pour ce fonds dont la taille ne justifie pas un plein temps. Elles recrutent dans ce cas de façon épisodique, comme par exemple la BM d’Alençon ou la BMI de Grenoble, des vacataires pour travailler sur les collections et cataloguer les ouvrages. Cette solution n’est pas satisfaisante pour les collections qui sont délaissées jusqu’au recrutement ponctuel d’un nouveau vacataire.

♦ Pour aller plus loin :

HOURS, Françoise. « Quel avenir pour les fonds russes en France ? », Bibliothèque(s), 2005, n° 19, p. 28-30.

MONTE, Valentina De. « Le fonds chinois de la bibliothèque municipale de Lyon », BBF, 2007, n° 3, p. 62-66. [en ligne] Consulté le 16 juin 2010.

PIRSICH, Volker. « Missions interculturelles des bibliothèques en Allemagne : tendances et perspectives », BBF, 2009, n° 2, p. 68-71. [en ligne]  Consulté le 16 juin 2010.